|
|
| ...Introduction ...Lexique ..Fonds d'écran....Référencement...."Carnets de bord" |
![]() |
|
|
|
![]() |
Lundi
28 juillet -
04 h 25 du matin - le jour est déjà levé. Après
12 heures de route depuis Montréal, le car nous débarque à
Gaspé. Le majestueux voilier se mérite ! Le Belem encore tout assoupi dans la torpeur matinale des quais, nous accueille à son bord Gaspé, c'est un peu le bout du monde. Au-delà des quais c'est l'immensité liquide, mystérieuse et attirante de l'Atlantique. Du Canada, nous n'en verrons pas plus, hormis celles et ceux qui ont pris le temps de s'aventurer dans les petites rues aux maisons colorées du centre ville. En milieu d'après-midi, au moment d'appareiller, la pluie s'invite sur le pont. Le cap est mis sur l'archipel de Saint Pierre & Miquelon où le Belem est attendu dans trois jours. Pour nous permettre de récupérer de notre journée de voyage et du décalage horaire, le premier quart de nuit est déclaré facultatif. La navigation se fait sous voiles en journée et au moteur la nuit, faute de vents portants. |
![]() ![]() |
La météo
nous surprend. Alors que nous nous attendions à croiser dans les
fameux bancs de brume de Terre Neuve, c'est un radieux soleil qui inonde
le pont et une température des plus douces
, et les stagiaires
de s'esclaffer : Où sont les palmiers ? Jeudi 31 juillet, le quart de 04/08 est emmitouflé dans un épais brouillard. La corne de brume donne de la voix à intervalles réguliers. Une trouée soudaine sur l'horizon laisse apparaître les côtes de Saint Pierre & Miquelon (Latitude 46°77' N - Longitude 56°17' W) balayées par de généreux rayons de soleil. Ces terres inconnues nous appellent. Le Belem accoste peu
avant midi. L'hospitalité des Saint Pierrais ne tarde pas à
se vérifier. L'Office du Tourisme, aidé de la Fondation
Belem, nous a concocté un programme complet à la découverte
de l'archipel et de sa faune aquatique. |
![]()
|
Une plongée
dans lhistoire de lîle nous attend le lendemain depuis
lIle aux Marins, véritable musée à ciel ouvert.
Restaurant offert par lOffice du Tourisme suivie dun tour
de lIle de Saint Pierre en car arpenter les 25 kms de route pour
contempler la géographie des côtes et le charme envoûtant
des habitations aux couleurs acidulées. Le Cap est mis sur
les Açores, route au 120° (Sud-Est). 1 500 milles à
parcourir, soit environ une dizaine de jours de navigation pour rallier
cette poignée de cailloux émeraudes jetés sur lAtlantique. Mardi 5 août, notre Commandant : Jean-Alain Morzadec souffle ses 40 bougies. Les matelots improvisent un relooking complet du petit roof à grand renfort de choucanes et de papier alu pour marquer le coup. Un punch est servi en fin de journée à la santé du Commandant et de notre traversée.Mercredi 6 août , Eole décide enfin de se préoccuper un peu de notre sort. Il était temps ! 25 nuds de vent, tout dessus, le Belem file à 8 bons nuds, accusant une gîte de 6 à 7° sur bâbord. Nous observons un changement radical des conditions météorologiques en laissant le courant froid du Labrador derrière nous pour entrer dans le courant chaud du Gulf Stream. Conséquence immédiate : nous gréons les bermudas et les t-shirts en lieu et place des jeans - polaires. La mer se fait aussi plus bleue. Des rafales dexocets (poissons volants) sobservent autour du navire sous loeil nonchalant de quelques tortues marines. Ce vendredi 08
août est à marquer dune pierre blanche dans lhistoire
du Belem. Samedi 09 août,
les premières îles occidentales de larchipel des Açores
fleurissent sur lhorizon coiffées de nuages lenticulaires.
Le paysage est conforme aux plus beaux rêves dîles de
rêve. Nous laissons Corvo sur bâbord et Flores sur tribord.
|
|
|
Dimanche
10 août, la majesté sereine du Mont Pico, jeune stratovolcan
culminant à 2351 mètres assure le spectacle. Le gaillard se
transforme en terrasse touristique où stagiaires et équipage,
agglutinés sur le pont et armés de leurs appareils photos,
attendent fébrilement le moment décisif où le nuage
de ouate libérera le sommet de la montagne. Ce même soir, lastre solaire nous gratifie de son plus beau coucher flamboyant depuis notre départ des côtes gaspésiennes. La notion du temps est devenue totalement abstraite Nous grapillons au fur et à mesure une heure par-ci par-là de décalage horaire. Les jours sont définitivement rythmés par la vie du bord, lenchaînement des quarts et le bercement soutenu du à un roulis omniprésent. Il faut parfois prendre un cap alimentaire pour assurer les services de table. Lundi 11 août au matin, lîle de Sao Miguel est en vue. Nous accostons en début daprès-midi dans le port de Ponta Degada (Latitude 37° 46,83' N - Longitude 25° 52,19' W). Nouvelle marina fraichement inaugurée, la ville sous ses allures de cité balnéaire cosmopolite et moderne recèle encore de magnifiques trésors darchitecture. Nous partons le lendemain à la découverte de lîle en voiture pour certains, en car avec guide pour dautres. Le ciel est malheureusement capricieux. Un brouillard dense à lhydrométrie élevée alterne avec de franches éclaircies dans les vallées et sur le littoral Point de photos dignes des plus belles cartes postales, mais une visite plus intimiste de lîle et de ses beautés cachées. La végétation est impressionnante. Partout cest une explosion de couleurs. Les envahissants mais néanmoins superbes hortensias bleus se mêlent sans relâche au jaune doré du gingembre sauvage. Loccasion aussi de goûter au plaisir de la table açorienne : la fameuse bacalhau (morue) cuisinée sous toutes ses formes et le succulent polvo (poulpe) attendri à point dans votre assiette. Mercredi 13 août matin, nous appareillons sous un radieux soleil en direction du Portugal sur lautre rive de lAtlantique Près de trois mois dexile déjà pour le Belem, parti de Bordeaux le 18 mai Le retour annoncé sur le vieux continent se fait maintenant proche. Cap à lEst sous les assauts dune houle de Nord-Est roulis prononcé services de table sportifs en compétition avec les Jeux Olympiques de Pékin qui doivent sinaugurés à lautre bout de la planète. Heureusement à ce stade du voyage les organismes sont amarinés |
![]()
|
Une manuvre
malencontreuse et cest la catastrophe : une drisse non choquée
et lespar de Bonnette se brise net
La déception est grande
et plus encore pour Charly. Depuis quelques jours déjà, le grand roof est devenu un atelier de confection de couture. Le nombre de voiles passant dans les mains habiles et expertes des gabiers, ne se compte plus. Une aubaine aussi pour lheure à dispo du 00/04. Bien lové au creux du Petit Hunier Fixe, le repos du matelot-stagiaire est des plus récupérateurs. Sur une idée du Commandant et des Officiers, nous voici promus « chef de bordée » à tour de rôle pour la fin de la traversée, épaulés bien entendu par les matelots. A chaque quart de jour comme de nuit, trois chefs de bordées sont désignés pour conduire les manuvres et se voient attribuer la responsabilité soit du mât de Misaine, soit du Grand mât ou soit du mât dArtimon. Pour parfaire nos connaissances, une petite interrogation écrite sous légide de Mickael et de Gaël, désignés matelots-examinateurs, sorganise sur le doux bois du spardeck. La dizaine de questions reste très abordable pour la majeure partie des stagiaires multi-récidivistes. Les réponses délivrées par les nouveaux sont parfois plus saugrenues Le tout se fait dans un esprit bon enfant, soleil et crème solaire aidant. La navigation du Belem suit son cours depuis lheure de propreté matinale (lessivage du pont ou fourbissage des cuivres) jusquà lappel de la bannette, en passant par les quarts et les manoeuvres les activités senchaînement suivant les conditions météorologiques du jour : exercice de recherche de clandestins à bord ascension dans la mâture et sur le beaupré matelotage cours sur le balisage initiation au sextant etc Lennui ne sinvite jamais à bord pour ceux qui savent savourer ce privilège de la liberté en mer. Samedi 16 août, après une nuit passée à10 nuds au moteur, le Commandant nous octroie la possibilité de réduire lallure en peaufinant la technique du virement de bord Lof pour Lof pendant laprès-midi En récompense de nos efforts, le zodiac est mis à leau pour une petite virée photographique autour du navire. Loccasion dobserver une étrange variété de méduse translucide se laissant porter à la surface de leau gonflant une membrane comme un petit spi. Belle houle aussi, qui occasionne de belles éclaboussures et des stagiaires plus tout à fait étanches à leur retour à bord. |
|
|
Dimanche17 août,
journée dominicale, quon se le dise va rester inscrite dans
les annales du Belem. Le premier Grand Prix de l'Atlantique du Tir au
Bout voit le jour. Initié en secret par léquipage
la rumeur courrait à peine jusquà linstallation
dune fausse drisse et de deux grosses poulies, lune sur bâbord,
lautre à tribord.
|
| ...Amis des Grands Voiliers © 2009 |